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Nathalie Mlekuz a
grandi à
Sallaumines dans le Pas-de-Calais
et vit aujourd'hui à Paris. Journaliste pendant onze ans,
elle a collaboré à différents
journaux dont Le Monde et Libération. Elle
a
ensuite repris des études de
psychologie, avant de bifurquer vers le yoga et plus particulièrement le yoga nidrâ. Elle édite, avec la maquettiste et
illustratrice Marion
Puthod,
les livres qu'elle écrit.
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"Il
ne dort pas encore. Moi non plus. Mais nous n'en sommes plus très loin.
C'est un moment magique qui ressemble à cette heure, entre chien et
loup, où il ne fait plus tout à fait jour mais pas encore tout à fait
nuit. Dans quelques secondes, nous ne serons plus là. Ou tout au moins,
nous ne saurons plus que nous sommes là. Funambules déjà somnolents,
nous sommes en train de glisser, happés par ce calme si apaisant qui
précède le rêve. Je ne comprends vraiment pas. Tous ceux qui parlent de
routine. Quand chaque nuit est un présent. Une rencontre. Toujours
renouvelée. Dans le silence charnel du sommeil. Un voyage vers ces
terres lointaines où nos raisons s'absentent pour que nos corps enfin
se parlent. Confidences effleurées. Où chacun se révèle à soi-même et à
l'autre. Bien loin des apparences." |
| Heureusement
que tu es là 150 pages. Décembre 2008. |
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| "Elle
l'avait confié
à
un ami : elle craignait d'avoir conscience de mourir. Et
cela l'effrayait, ce
regard qu'elle savait pouvoir porter sur cet instant
précédant le rien. Ce
moment d'avant le vide. Où elle serait encore. Avant de
n'être plus. Elle le
redoutait. Et c'est finalement arrivé. En ce jour du 19
octobre 1999, dans sa
centième année. Elle s'est vue voir la mort la
happer. Consciente au moment même
où elle mourait qu'elle était en train de mourir.
C'est fini. Ce sont les mots
qui lui sont alors venus à l'esprit. Ceux qui se sont
faufilés, se frayant un
passage jusqu'à l'air libre, pour dire la vie qui
s'arrête. Comme s'achève un
spectacle, une fois le rideau tombé... C'est fini." |
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| Je meurs 200 pages. Janvier 2006. |
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"J'avais
trente et un
ans. Je venais de transmettre la vie. Mais de cette vie je ne
connaissais que
le reflet. M'étant contentée de vivre la mienne.
Du bout des lèvres. Sans
vraiment la sentir. Ni la penser. Mon enfant commençait la
sienne. Mais je ne
savais pas ce que cela signifiait. De commencer sa vie. Je n'avais
aucune idée
de ce qui se jouait. Pour elle. Dans ce passage
irréversible. De ce qui
s'imprimait. Dans l'évidence de sa chair. Je ne me doutais
pas que chaque
geste, chaque mot, chaque silence comptaient. Je n'y avais jamais
réfléchi."
Dix nouvelles pour tenter d'approcher, par le versant sombre, l'étrange mystère d'être vivant... |
| Mauvaise
mère 106 pages. Mai 2004. |
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